Claude
DITYVON

France 

 

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Le thème de l’homme au travail est récurrent dans l’œuvre de Claude Dityvon. Dès 1967 et 1968, il l’aborde magistralement à travers deux grands sujets, la pêche au chalut et les mineurs, puis jusqu’à la fin, il ne cessera de s’y intéresser, réalisant de grandes séries personnelles comme celle consacrée à la construction de la Bibliothèque nationale de France en 1993. Pourtant, comme beaucoup d’aspects de son travail, celui-ci reste peu connu, voire totalement inédit.

Une première série de photographies sur ce thème a été présentée en 2005 au festival Visa pour l’Image de Perpignan et elle a été largement complétée pour concevoir l’exposition proposée aujourd’hui. Couvrant presque l’intégralité de sa carrière, de 1967 à 2005, et comportant de nombreuses photographies jamais exposées, cette imposante sélection souligne l’exceptionnelle modernité du photographe qui se traduit par des effets totalement nouveaux – choix des cadrages et des angles de vues, constructions faites d’ombre et de lumière, jeux de reflets - dans un genre qui se contente généralement d’un simple constat documentaire. Elle révèle également une véritable empathie de Claude Dityvon envers ces hommes laborieux qu’il respecte et dont les « regards fraternels » le touchent. En créant des images pleines de mystère et de poésie, où les corps semblent parfois animés par une véritable chorégraphie, en jouant de la lumière et des contre-jours qui magnifient leurs gestes, il rend à ces hommes un magnifique hommage photographique.

Claude Dityvon invente des espaces dans lesquels il inscrit des signes qui lui sont propres, il organise à sa manière la réalité et exprime ainsi l’un des principes qui régit son travail : « Dans le corps, il y a tout le langage des significations de ce qu’est l’homme. Sa gaucherie, sa légèreté, sa lourdeur, son volontarisme. On apprend beaucoup de l’homme quand on sait regarder son corps. »* L’effort, la fatigue, la fierté, l’inquiétude ou la tension sont palpables parfois dans ces images, mais celles-ci demeurent pourtant intemporelles, le symbole ayant supplanté le simple témoignage.

Sans nostalgie ni pathos, le « monde oublié » de Claude Dityvon nous livre un regard original sur le monde du travail propre à éveiller nos émotions et nos réflexions.

Annie-Laure Wanaverbecq

*Claude Dityvon, Red Star, Paris, éditions Cercle d’Art, 1994, page 15.

 

© Claude Dityvon, Chantier de réparations de péniches, La Bassée, Nord, 1990

© Claude Dityvon, Les halles, Paris, 1967

© Claude Dityvon, Jeune mineur, Lens,1968.

 
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