Jean-Michel
DELAGE

France

 

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Ramallah, ville normale
35 tirages numériques formats 20x20 cm et 30x30 cm

 

 

 

Ramallah, ville normale… Je me souviens de mon premier voyage en Palestine. La tête emplie de clichés. D’abord l’arrivée à l’aéroport de Tel Aviv. L’arbitraire des services de sécurité israéliens … On peut être facilement refoulé et obligé de reprendre un avion vers son pays d’origine! Direction Jérusalem-Est, Porte de Damas, où j’emprunte l’un de ces minibus vers le check-point de Qalandia, le plus important point de passage du mur de séparation vers la Cisjordanie.
Béton, grillages, portiques… Les inscriptions sont en hébreu, en arabe et en anglais. Paradoxalement, peu de soldats. Ce qui rend Qalandia encore plus Orwellien : Le lieu est protégé par des caméras et les ordres sont lancés à travers une sono. La traversée est toutefois beaucoup plus facile pour un étranger que pour un Palestinien. Je suis descendu près de la Place Al Manara et de ses lions statufiés.
J’ai commencé à photographier la Capitale administrative de la Cisjordanie. Avec mon téléphone. Des petites scènes de rue captées au gré de mes pérégrinations. Le quotidien. Des pastilles de vie. J’ai fréquenté les cafés traditionnels, entouré d’hommes fumant le narguilé en jouant aux cartes ou aux dominos. J’ai marché dans les rues, sur le marché. J’ai écouté de la musique classique dans les églises, vu un film au cinéma. je me suis rendu au mausolée d’Arafat, dans la Mouqata.
J’ai aussi beaucoup écouté les habitants, jeunes et moins jeunes. Les discussions reviennent toujours à la situation politique. Et aussi à la vie chère, à l’impossibilité de sortir du territoire… même pour se rendre à Jérusalem, située à 15 kilomètres… Il est aussi question d’avenir, évidemment. J’ai quitté Ramallah, j’y suis retourné plusieurs fois ces dernières années. Pour y faire de nouveaux reportages. Et j’ai continué à photographier avec mon téléphone. Ramallah n’est pas tout à fait la Palestine. Et ces images montrent juste un quotidien banal qui n’a pas objet d’occulter l’occupation et les déboires de tout un peuple. Ce travail fait l’objet d’un petit livre. Ramallah, normal city…

 
 

Photographe-reporter, je travaille en Freelance depuis 1994. En France et à l’étranger, j’ai réalisé des reportages pour la presse magazine. Des sujets plutôt sociaux. Inde, Palestine, Bangladesh, Europe de l’Est… C’était l’aspect journalistique qui, toutes ces années, m’ont porté. La rencontre, la découverte de l’autre, de lieux, de modes de vie. Souvent des reportages courts. Ou d’autres qui se déroulent sur plusieurs années et qui ont donné un livre.


J’ai par ailleurs toujours pratiqué en parallèle d’autres formes d’images. Toujours avec un côté social. Comme cette série Portraits dionysiens à St-Denis, où pendant deux ans j’ai sillonné la ville en installant mon studio ambulant. Et cette autre série, les voitures bâchées d’Egyptiennes qui marque déjà cette envie d’aller vers d’autres écritures. Moyen-format, numérique ou argentique, photographies au télephone mobile… c’est selon l’instant, le sujet et l’envie. Sur mon chemin, j’ai aussi découvert l’image animée, le film documentaire. La vidéo a aussi sa place dans mon travail. J’ai réalisé deux films. Et j’aime mélangé mes photographies à de la vidéo, à des sons et des paroles. Ces dernières années, plusieurs rencontres fortes, dans le cadre de workshops, ont permis de mieux assumer une création plus personnelle où l’on doit mettre beaucoup de soi. Denis Dailleux, Claudine Doury et surtout Martin Bogren m’ont ouvert chacun à leur façon de nouvelles voies. Et aujourd’hui, je revendique pleinement ce statut d’auteur, au travers plusieurs projets, délaissant un peu plus chaque jour la photographie de presse.

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